Le tour des stations Granfondo 2021

Ecrit par Vincent Racelle 20 sept. 2021 1
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Le tour des stations Granfondo 2021

Il est 7h c'est le grand départ de mon objectif sportif de l'année, le TDS granfondo avec au programme 133km et 4700d . Ca annonce du lourd. Sur la ligne je repense à ma préparation.

J'ai commencé l'entraînement début janvier, mais un soucis de genoux, un syndrôme fémoro patellaire, me met sur le carreau pour 3 mois en février. Au début on pense que c'est le vélo, on découvrira par la suite que c'est surtout le télétravail dans le canapé le coupable 😤. Je reprends sérieusement l'entraînement en avril, et en juin je retrouve les chiffres que je produisais en hiver.

Après 3 semaines d'entraînement en Maurienne avec Claudia 😍, je me sens prêt.

Je commence mon affutage, et bam deux semaines avant le départ une gastro, je vais perdre 3kg en quelques jours. Je fais un maximum pour récupérer, je ne bois plus d'alcool, je mange équilibré et je dors un maximum. Dans le fond, je sais que quand on n'arrive pas à sortir du lit 10 jours avant une course aussi dure c'est un peu naïf de penser qu'il ne restera pas de traces.

Je démarre dans la 3ème vague avec les premiers concurrents, il y a 4km non chronométrées avant le premier col, le col du Lein, (11.4km – 7.4% (max 9%)). J'aimerais être bien placé dans celui-ci pour éviter le trafic dans la première descente, surtout que le début est une section gravel. J'entame la montée, je me sens un peu vide, un coup d'oeil à mon rapport watts/cardio les nouvelles ne sont pas bonnes, mais on verra, je reste prudent, de toute façon c'est le plan.

On descend la première section gravel, les lacets s'enchaînent. Je pense à bien anticiper mon freinage et à prendre la bonne trajectoire. Arrivé au premier ravito, je sais exactement ce que je dois prendre: deux barres et un gel. Je mange la première barre pendant que je remplis mes bidons. Je retourne à mon vélo et je démarre ... première erreur. Je suis seul et c'est une section roulante, la seule. Je décide de rouler en endurance et d'accrocher le premier groupe qui me dépasse. Finalement je trouve un groupe de 5 personnes, le premier est un bon rouleur, et roule pour ses potes, parfait, je me cale en bas du guidon et j'économise un max.

Arrivé dans la deuxième montée, Mayens de Vernamiège, je monte, toujours calmement, les chiffres sont encore plus mauvais, je m'en doutais, je suis encore marqué par la gastro ! J'essaye de me rassurer, c'est pas grave, c'est un col régulier 8,2% sur 12,5km et pas de mur, ça se gère. Je me fais dépasser mais c'est pas grave non plus. Si je gère peut-être que les jambes vont venir plus tard.

Deuxième ravito, même plan qu'au premier. J'achève la descente et avant Thyon 2000 il y a un petit mur, je l'entame à peine, une crampe à l'ischio gauche, je la tire, je remonte sur ma bécane et voilà que c'est le droit qui me fait souffrir. A ce stade, j'ai fais un peu moins du tier du D et les ascensions les plus "faciles" de la course.

Je sais que Thyon 2000 et très rude, 19km, 5,8% de moyenne mais avec un passage à 20% qui est chronométré. Je commence à penser à abandonner il me reste 3000 d et l'espace d'un instant je n'y crois plus. Après tout j'ai de bonnes excuses, je me suis blessé en début d'année et je suis tombé malade ... mais je décide de me recentrer. Un col à la fois, mon prochain objectif c'est Thyon 2000, plus de chrono, plus de puissance, dorénavant je veux juste avancer, si je peux avancer une côte à la fois, un ravito à la fois alors je peux être finisher. Le passage à 20% me détruit, mais je pousse, un coup de pédale à la fois. Le vent se lève et deviens froid, j'arrive à Thyon 2000 totalement à bout. Je dois manger mais mon corps ne veut plus de sucre, ok j'essaye les chips au sel, ça passe, je me sens mieux ... je me rends compte que je suis gelé, j'aurais du mettre mon coupe vent pendant la montée. Bon on repart et on verra au prochain ravito.

Montée suivante, Nendaz 10km, 5,5% et max 9%, c'est la plus facile je me dis. Il se met à pleuvoir ... et hop une crampe à l'ischio ... et merde. Je laisse échapper une insulte de rage. Me voilà en train de m'étirer sous la pluie. Je repars, et j'arrive au ravito à Nendaz, toujours des chips. Une courte descente et me voilà au pied de la Croix de coeur (12,4km – 7,1% (max 19%). Les deux s'enchaînent rapidement en fait ... pas de répit.

Enfin le dernier col, j'entre dans les bois c'est la deuxième section gravel, les bosses sont courtes mais raides ce n'est jamais vraiment plat, quand je suis en danseuse les roues patines dans la boues et pour ajouter à la situation, j'entends le tonnerre au loin. Ce passage est magique, mais je suis trempé, je suis crevé et je culpabilise de ne pas profiter du décor. Nous arrivons au deuxième KOM ... je vois les panneaux Red Bull ... les spécialistes des sports extrêmes ... ok je vais pas rigoler, 19% je me mets en danseuse ma roue arrière patine, je descends du vélo. Tant pis je pousse, je veux pas tomber, de toute façon, je suis pas franchement sûr que j'y serais arrivé à ce stade.

J'atteins finalement le dernier ravito. Les chips vite ... je me rue dessus et un bénévole m'arrête. La course est neutralisée, un peu déboussolé j'entends : "coucou, toi" Claudi est là, elle aussi. Quel soulagement. On s'abrite ensemble, elle me présente une copine qu'elle s'est faite sur le mediofondo, sa course se déroule bien et elle à l'énergie pour finir, je suis très fier d'elle. On apprend que la foudre est tombée deux fois à la Croix de coeur, la course devrait reprendre à 16h. Arrivé 16h on nous annonce que la course est arrêtée. Il nous restait 10km et 700d . On est déçus mais bon la sécurité avant tout.

Nous sommes tous gelés, abrités dans un parking, au final on descendra par groupe de 10 escortés par un motard. 13km de descente, détrempés, gelés, tout le monde tremble de froid. Nous arrivons à une gare, on nous distribue des couvertures de survie, le retour se fera en train.

Bien entendu je suis un peu déçu, beaucoup de choses se sont mal passées, et mes efforts, malgré la fatigue et les crampes, ne seront pas récompensés par une médaille de finisher ... la montagne en aura décidé autrement. Il me restait 10km et après tout ce que j'avais affronté avant, j'étais sûr de finir.

Dans le positif, même quand je suis lessivé, que je crampe tôt dans la course et que je suis loin de mes attentes, j'ai pu me recentrer et continuer. C'est dommage pour les objectifs sportifs mais c'est une expérience qu'on n'oubliera jamais, de laquelle on peut maintenant rire. On racontera cette histoire encore longtemps.

J'ai bien l'intention de faire mieux l'an prochain et je suis plus motivé que jamais à m'entraîner plus dur et plus sérieusement.

Un grand bravo aux organisateurs pour cette course aussi belle que dure et très bien organisée.

Ps: bravo 1000x à ma Claudia qui s'est elle aussi surpassée sur un parcours très difficile dans des conditions dantesques. Je suis fier de toi ! Vivement nos prochaines aventures.

  • Benjamin Hennon

    Mercredi 22 septembre 2021

    Tu as cumulé les galères, tu es bon pour 5 ans sans pépins, avec soleil et tout...

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